Jean Borotra, le Basque bondissant

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Cette année les tennismen français n’ont pas brillé à l’Open d’Australie de tennis, aucun d’entre eux n’est allé au-delà du troisième tour. La dernière fois qu’un français a remporté le tournoi masculin, c’était Jean Borotra lors de l’édition… 1928. Une éternité.


Jean Robert Borotra est un joueur de tennis et homme politique français. Il naît le 13 août 1898 à Biarritz.
Après être sorti de la Première Guerre Mondiale au grade de lieutenant, il intègre l’école Polytechnique. Lorsqu’il participe à sa première compétition de tennis, à l’occasion d’un tournoi militaire, Jean Borotra qui avait pratiqué la pelote basque pendant son adolescence se fait remarquer non seulement pour son niveau de jeu élevé, mais aussi parce qu’il présente une particularité sur le plan technique : il alterne, au cours d’un même échange, des prises de raquette main droite et main gauche.


Borotra et les « Quatre mousquetaires »

Jean Borotra développa un tennis porté sur l’offensive. Très athlétique, il montait souvent au filet et était reconnu pour la qualité de sa volée et de son smash. Jouant toujours coiffé d’un béret, il fut surnommé le « Basque bondissant ». Il a remporté au cours de sa carrière trois des quatre tournois du Grand Chelem : Wimbledon (en 1924 et 1926) Roland-Garros (1931) et le tournoi d’Australie (1928). Il a également remporté ces trois tournois en double (avec cinq victoires à Roland-Garros) et a connu la victoire en double mixte dans les quatre tournois du Grand Chelem.

Borotra est l’un des « Quatre mousquetaires » du tennis français aux côtés de Jacques Brugnon, Henri Cochet et René Lacoste. Associés en équipe de France de Coupe Davis pour la première fois en 1923, ils s’inclinent deux fois face à l’Australie en demi-finale (1923 et 1924) puis se hissent les deux années suivantes jusqu’en finale, où ils sont battus par les Etats-Unis (1925 et 1926). La troisième finale, à Philadelphie en 1927, est la bonne pour les mousquetaires qui s’imposent 3-2 et remportent le premier « saladier d’argent » de l’histoire du tennis français. Ils conserveront ce trophée jusqu’en 1932, soit pendant six années consécutives. En 1933, l’équipe de France fut battue par celle du Royaume-Uni, emmenée par Fred Perry. Il a fallu attendre 1991 pour voir à nouveau l’équipe de France remporter la Coupe Davis.


Parcours politique controversé

Il fit une dernière apparition en équipe de France de Coupe Davis en 1947. En 1963, alors âgé de 65 ans, le Basque bondissant disputait encore le double messieurs et le double mixte du tournoi de Wimbledon. Mais sa carrière de sportif de haut niveau avait pris fin bien plus tôt, à l’approche de la Seconde Guerre Mondiale. A cette même période Jean Borotra s’engagea en politique auprès du Parti Social Français (à ne pas confondre avec le Parti Socialiste), un parti de droite nationaliste créé en 1936 et qui connaissait à l’époque un large succès. Lorsque la France fut vaincue par l’Allemagne en 1940, le PSF prit une position ambiguë : le parti se voulait officiellement fidèle au Maréchal Pétain, mais refusait la collaboration et l’antisémitisme. Si de nombreux membres du PSF rejoignirent la Résistance, d’autres prirent part au Régime de Vichy. Parmi ces-derniers figurait Jean Borotra, qui fut nommé commissaire général à l’Éducation physique et aux Sports en 1940. En 1942 il démissionna et tenta de gagner l’Afrique du Nord pour rejoindre la France libre. Il fut alors arrêté par la Gestapo et déporté en camp de concentration en 1945. Borotra aurait vraisemblablement été exécuté par les Allemands sans l’intervention du Roi de Suède Gustave V, qui n’était autre que son ancien partenaire de double !

Jean Borotra était partisan d’une pratique populaire du sport, et œuvra dans le but d’empêcher sa professionnalisation. Il est à l’origine de la création des Centres Régionaux d’Education Physique et Sportive (CREPS). Malgré le rôle qu’il joua au sein du Régime de Vichy et son admiration pour le maréchal Pétain, il reçut plusieurs distinctions parmi lesquelles la Légion d’honneur et la médaille des déportés-résistants. Sa carrière politique s’est poursuivie en tant que député gaulliste de 1968 à 1976. Il fut également nommé président d’honneur de la Fédération Française de Tennis, et vice-président du conseil sportif de l’UNESCO.

Jean Borotra, qui demeure l’un des plus grands joueurs du tennis tricolore, fut nommé membre de l’Internationnal Tennis Hall of Fame en 1976, en compagnie des trois autres « Mousquetaires ». Il décéda à Arbonne le 17 juillet 1994, à l’âge de 95 ans.

Lien : Images de la Finale de Coupe Davis 1928 remportée par la France (emmenée par Borotra et Cochet) face aux Etats-Unis à Roland Garros.

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