Cathy Freeman, sprinteuse australienne et aborigène

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Dix ans presque jour pour jour après la clôture des Jeux Olympiques de Sydney 2000, j’ai décidé de m’intéresser à une sportive qui a marqué cet événement, tant sur le plan sportif qu’extra-sportif.

Il s’agit de Catherine Astrid Salomé Freeman, plus connue sous le nom de Cathy Freeman. Née le 16 février 1973 à Mackay, Cathy Freeman est une athlète australienne. Avec Betthy Cuthbert, Marita Koch, Marie-José Pérec ou plus récemment Ana Guevara et Sanya Richards, elle fait partie des grands noms du 400 mètres féminin.

A l’approche des 27èmes Jeux Olympiques de l’ère moderne, ceux de Sydney, le choix de Cathy Freeman pour embraser la vasque olympique s’impose comme une évidence. Double championne du monde en titre (Athènes 1997, Séville 1999), elle représente alors une grande chance de médaille d’or pour l’Australie et son duel annoncé face à Marie-José Pérec promet d’être l’un des grands moments de ces JO. Mais au-delà de ses performances sportives, c’est en raison de ses origines aborigènes que Cathy Freeman est choisie.

 

Les Aborigènes sont les premiers humains connus à avoir peuplé le territoire australien. Ils sont arrivés sur des embarcations en provenance de l’archipel indonésien, il y a environ 40 000 ans de cela. Ils ont vécu en autarcie et ont développé une culture et des croyances propres. En 1770, l’explorateur britannique James Cook débarque sur le sol australien et prend possession des deux-tiers du territoire, et en 1788 l’Australie devient une colonie britannique. L’arrivée des Britanniques s’est malheureusement accompagnée de l’importation des maladies européennes et de l’alcool, qui ont eu des effets catastrophiques sur la population autochtone. Si certains colons ont fait preuve d’une conscience humanitaire, en faisant notamment construire des écoles et en organisant des réunions entre colons et indigènes, d’autres ont adopté des « conduites infâmes » comme l’écrit Charles Darwin en visite en 1836. Dans l’ensemble, la colonisation de l’Australie s’est déroulée d’une manière bien plus invasive que pacifique. Les peuples aborigènes, dépossédés de leurs terres et de leurs ressources, ont répondu au moyen de guerillas à l’envahisseur blanc, comme le décrit l’historien australien Henry Reynolds. Cette résistance, qui aurait duré plus d’un siècle, a souvent été réprimée avec une grande violence par les colons qui ont procédé à des massacres aveugles d’hommes, de femmes et d’enfants. Au cours du XXème siècle, la défense des droits des Aborigènes a connu d’indéniables avancées, mais l’histoire de la colonisation de l’Australie demeure une sujet particulièrement sensible, et le racisme entre les deux populations australiennes n’a pas encore disparu.

Le choix de Cathy Freeman, athlète aborigène, pour embraser la vasque olympique constitue en 2000 un symbole fort en vue de la reconnaissance du peuple dont elle est issue. La véritable reconnaissance officielle des souffrances infligées aux Aborigène d’Australie, et plus particulièrement à ceux que l’on appelle les « Générations volées », intervient en 2008, lorsque le Premier Ministre Kevin Ruud s’exprime en ces termes : « We apologise for the laws and policies of successive parliaments and governments that have inflicted profound grief, suffering and loss on these our fellow Australians. We apologise especially for the removal of Aboriginal and Torres Strait Islander children from their families, their communities and their country ».

Sur le plan sportif, Cathy Freeman ne possède pas le palmarès le plus étoffé de l’athlétisme mondial. Mais l’Australienne a su gagner la course qu’il fallait gagner, lorsque 112 000 spectateurs et des centaines de millions de téléspectateurs ont eu les yeux braqués sur elle. Le duel tant attendue avec Marie-Josée Pérec n’a pas eu lieu. La championne française a craqué sous la pression médiatique qui s’exerçait autour d’elle, et a pris la fuite la veille de la compétition. Cathy Freeman a de son côté parfaitement su gérer une immense pression. Désignée comme le symbole de l’Australie réconciliée, elle se devait de remporter la médaille d’or. Ce fut chose faite quand, 49 secondes et 11 centièmes après le départ de la finale du 400 mètres, elle franchit victorieusement la ligne d’arrivée, avec une avance nette sur ses concurrentes. Vêtue à cette occasion d’une tenue aérodynamique futuriste, Cathy Freeman est entrée dans l’histoire des Jeux Olympiques en devenant la première athlète aborigène à remporter un titre olympique dans une discipline individuelle. Il fut permis à la reine des Jeux de Sydney, à titre exceptionnel, d’arborer à la fois le drapeau australien et le drapeau aborigène lors de son tour d’honneur.

 

Cathy Freeman a raccroché les pointes en 2003. Il y a quatre ans, l’athlète a créé la « Catherine Freeman Foundation », afin de venir en aide aux enfants aborigènes en leur donnant des moyens pour s’éduquer. Elle a très  récemment inauguré une plaque commémorative de sa victoire au 400 mètres des JO de Sydney, à l’occasion de leur dixième anniversaire.

Retrouvez ici la vidéo de sa course victorieuse lors de la finale du 400 mètres des JO de Sydney 2000.

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